Jeudi 19 juin 2008

                                                         Dimanche 8 juin 2008.

              Après une semaine très chargée en kilomètres (90km) dont une grande partie en côtes dans les montagnettes près de Saint Rémy de provence. Ca aussi du bon les réunions de travail!. Afin de paufiner ma préparation pour le raid du golfe, je décide de prendre part au trail de la penzé. Un parcours qui me convient en général. Nous sommes une centaine à prendre part à ce 30km, dont Thierry Gallou et Laurent Garniel.
               Je décide de partir tranquillement pour sentir mes sensations après cette semaine chargée. Laurent et Thierry prennent rapidement une 100ène de mètres d'avance. Derrière, très rapidement le trou est fait. Je me trouve avec un participant du 18km à faire une bonne partie du circuit. Les jambes sont là et l'envie aussi. Ce fût ma première participation à une compétition après ma périostite.
                 Le parcours est excellent et très varié. Un gros travail de nettoyage et de balisage a été fait par les trottériens de penzé. Sous bois plus ou moins vallonnée, prairies, champs de blé et de maïs, passages très bucoliques aux abords de vieux moulins.... le tout en longeant une bonne partie de la rivière de la penzé.
                  A mi-parcours, j'apercois à environ 300 mètres devant les 2 premiers qui font course commune. L'envie d'attaqué est forte. Mais la prudence et la raison l'emporte : je garde l'allure et souhaite conserver cette 3ème place.
                  27 ème km : une terrible côte  de sous bois nous fait reprendre la route vers l'arrivée. Elle fait mal, très mal.
Peu importe, ne pas flanché, monté au petit trot. Voilà  la fin du calvaire, la route, puis enfin le stade. J'arrive avec 4 minute de retard sur Laurent qui termine 1er et Thierry Gallou.
                Une grande satisfaction pour moi, qui me rassure  sur ma forme à 3 semaines du Golfe.
Une bonne  organisation, convialité avec simplicité et surtout un parcours bien étudié  par des traileurs avertis.
                 Je reviendrai très certainement l'année prochaine avec une folle envie de mieux faire!!!!

Par caer joel - Publié dans : TRAIL
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Jeudi 19 juin 2008

 

 DIMANCHE 3 FEVRIER


Thierry, Jean Yves et moi avons fait le déplacement à Plourhan pour cette 7ème édition. Au programme 30km dans la campagne et la côte Costarmoricaine. Un circuit rendu difficile par les fortes pluies de la nuit.

Le 7ème  trail Glazig, organisé par l'OGEC de Plourhan, se  fait sur des circuits signés Alain Le Tirant. L'édition 2008 fait  partie des premiers grands trails de début de saison sur la Bretagne.

 9H00 départ du 30Km. Nous sommes 250 au départ sous un vent froid. Après 6km de chemins de campagne nous arrivons  sur la plage du Palus sur Plouha  et alternons plage et GR. Une partie très technique avec plein de petits raidillons et de descentes. Ça commence à taper dans les genoux. Après le passage sur l’île de la comtesse sur les rochers glissant, nous continuons  à droite vers la plage du palus pour faire une boucle de 8 Km qui comprend les fameuses falaises de Plouha, et une partie du circuit VTT du dernier championnat de France… c’est 2 Km de plus que l’année dernière et c’est surtout en fin de parcours par rapport à l’année dernière. Un début de saison ou les sensations ne sont pas très bonnes pour moi. Jean Yves me double 7-8km avant l’arrivée. Il va bien ….

Le retour nous amène par Tréveneuc direction Plourhan, puis on passe par le moulin de Merlet et sur une propriété privée avec plan d’eau.

Après une fin de parcours difficile et sans beaucoup de plaisir, je franchis la ligne.

Dénivelés:  1061m sur le 30km

Résultat :

Jean yves : 2h 34  18ème et surtout 1ère victoire en V2

Joël : 2h40 et 29ème

THIERRY : 78ème en 2h57
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Jeudi 19 juin 2008

Jeudi 17 mai 2007

 

TRAIL AN HENCHOU TREUZ

 

Nous sommes 6 du team à participer à cette 1ère édition du trail an Henchou-Treuz organisé par Redeg 29. 

Deux épreuves proposées : 30 km et 15 km

 

Le départ  des 30km, sous une brume matinale, est donné à 9h30. Bruno, Pierre, Guy, Thierry, et moi sommes sur cette ligne de départ. 550 mètres de dénivelés positif et négatif nous attendent. Un parcours qui nous amène jusqu’au  village du Cloître Saint Thégonnec,  son l’Abbaye, avant d’atteindre le pied des monts d’arrée. Un circuit sympa, varié, peu technique, rendu gras par la pluie des jours précédents et par conséquent des appuis fuyants…. . Bref circuit simple mais efficace, comme l’organisation.  Des traileurs trop chouchoutés par 4 ravitaillement !!!.

Une belle matinée……merci aux organisateurs… et aux bénévoles.

 

         Les résultats : 112 coureurs classés

 

                  Manu Claite : 1er en 2h09

 

Joel C       : 6ème en 2h13

Bruno P   : 13ème en 2h25

Pierre J    : 30ème en 2h30

Guy R       : 35 en 2h40

Thierry C : 38 en 2h 40

 

Françoise  (Roudaut) se lance sur le 15km, qu’elle termine en 1h39 à la 178ème place.

 

De bonnes performances, qui laisse présagées de bonne chose pour Guerlédan.
Par caer joel - Publié dans : TRAIL
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Jeudi 19 juin 2008

Dimanche 24 février 2008


    Troisième édition du trail St Maurice Laïta, dans une commune qui est résolument tournée vers la nature: mer, forêt et rivière sont là pour offrir un superbe terrain. Paco et moi, prenons la route vers 6H20. Ni moi ni lui ne connaît ce coin de notre département.  1h20 plus tard, nous sommes sur le site. Nous sommes les premiers, c’est bon signe… ; les bénévoles s’activent sur le magnifique site du Pouldu. Après avoir fait notre travail de communication affiche de notre épreuve et distribution de flyeurs, nous prenons un petit café. Il fait froid, mais sec. Les conditions sont excellentes.

8H45 : Nous sommes environ 130 sur le parcours de 28k400. Le départ  a lieu du port du Pouldu Laïta à Clohars Canoët, pour un parcours vallonné en une boucle qui longe la Laïta pour aller vers le pont St Maurice, en empruntant les  sentiers de campagne pour venir sur la plage et l'embouchure de la rivière à marée basse et terminer par une zone rocheuse.

Très rapidement, nous sommes 7 ou 8 devant, dont David Pasquio. Je me permets un moment de prendre le commandement de cette petite troupe. Déconcentré, je prends à droite au lieu de la gauche. Je me retrouve à l’arrière du groupetto. Au bout de 30 minutes, David  prends le large. Puis je prends la 2ème place en compagnie de Tanguy Prigent. Le sensations sont excellentes. Les jambes répondent bien. Mais je laisse régulièrement quelques mètres en côtes. Nous allons ensemble faire 21km. Tanguy accélère, je préfère rester prudent, d’autant que la fatigue arrive. Je souhaite assurer ma 3ème place.

Après les 90% chemins, 4km de plage et rochers, je franchis la ligne d’arrivée.




     Heureux de cette place, mais aussi de faire un podium avec « Monsieur » David Pasquio

Comme le circuit, l’après course sera à la hauteur, là aussi, avec le buffet campagnard gargantuesque, avec salades composées et charcuterie ainsi qu’une dégustation d’huîtres offerts à tous les concurrents. Une ambiance favorable aux échanges, rires et aux rencontres liées à une grande épreuve et une grande organisation ne donnant pas envie de rentrer.

                              Les résultats :

Class

Nom

Prénom

Cat

Class Cat.

Club

Temps

 

1

Pasquio

David

SEM

1

QUEVEN ATHLETISME

01:49:26

 

2

Prigent

Tanguy

SEM

2

 

01:56:45

 

3

Caer

Joel

SEM

3

BREIZH SPORT AVENTURE

01:59:46

 

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Jeudi 19 juin 2008
Dimanche 27 avril 

   Thierry, guy et moi prenons la direction de Belle-ile en terre pour la Rando Muco 2008. Au programme 38km de trail. Il entre dans ma préparation au trail de Guerlédan qui a lieu le 11 mai 2008. Les conditions sont idéales. Les prétendants au podium sont égalemnt présent : Thierry Gallou, Manu Claite, Steph Le Duc...
    Départ à petite allure. Je me trouve dans le groupe de tête, les sensations sont pas exceptionnelles. Km 7 le  tibia et le mollet gauche me fait légérement souffrir. K9  je décide d'abandonner. Je rentre tranquillement à pied vers l'arrivée.
     Une grosse déception à15 jours du grand rassemblement de Guerlédan. Après un passage chez le médecin, le verdict tombe : petite déchirure et surtout à nouveau une périosite. J'en connais les circonstances : au moins 3 semaines sans courir.
                                                            A plus tard
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Mardi 19 février 2008
 
 
 
      Sept vallées, 71 glaciers, 400 sommets... le massif du Mont Blanc fascine.    Faire le tour du Mont Blanc, c'est découvrir un univers incomparable, celui de la haute montagne impressionnante et magique ; c'est partager le rêve éternel des pionniers. 
Cette fascination, je désire vous la faire partager, au travers d'une aventure individuelle hors du commun.  
  
       24 août 2007

      Il est 18h30 et nous sommes plus de 2200 à partager le même rêve : faire le tour du Mont-Blanc en moins de deux jours. Chacun de nous s'est soigneusement préparé durant de longs mois. Malgré la démesure de l'épreuve, je suis serein car je sais que près de 1200 bénévoles participent à la même aventure, prêts à offrir avec passion leur aide et leur réconfort dans un esprit de partage et d'amitié. 

                              Nous allons vivre une aventure hors du temps !  
Au clair de lune, nous côtoierons le col de Charme et franchirons le Col du Bonhomme. Au soleil levant, nous passerons le col de la Seigne et pénétrerons en Italie dans la magie du Val Veni dominé par la Noire de Peuterey et les glaciers qui descendent du Mont Blanc. Plus tard viendra le Val Ferret, gardé par la Dent du Géant et les Grandes Jorasses avant de basculer, enfin, en Suisse et de savourer son environnement soigneusement préservé. 
Il nous faudra supporter la fatigue, surmonter nos doutes et nos angoisses. Certains parmi nous, ayant repoussé leurs limites à l'extrême, préfèreront s'interrompre tout en gardant entier l'espoir de boucler le tour complet une prochaine fois.  
Les autres, franchiront Bovine et les Tseppes. Puis, face à l'Aiguille Verte, à la verticale des Drus et à la majesté du Mont-Blanc, ils plongeront vers l'arrivée au cœur de Chamonix. 
67 ont refermé la boucle en 2003, 420 en 2004, 774 en 2005, 1152 en 2006. Combien serons-nous cette année ? 
Quoiqu'il advienne nous nous retrouverons tous dimanche après-midi pour fêter les vainqueurs, pour applaudir plus fort encore les derniers arrivants et pour partager, coureurs et bénévoles réunis, nos joies, nos souffrances et nos émotions. 
 
           Jeudi 23 août 2007 : 

  Après une nuit difficile et agitée, je prends le train7h01 à Landerneau.                                         
 Je rencontre des gens de Rennes qui ont le même rendez-vous que moi. Nous sympathisons très vite. Ils ont loué une voiture sur Lyon, et me proposent de me déposer directement sur Chamonix. Vers 18h30, je suis en face de ce monstre, que l’on doit rencontrer le lendemain.
            
               Michael Le Got, Luc, Gaetan Vigouroux et Didier Gouiffes sont là pour m’accueillir durant ces 3 jours. Une bande de joyeux lurons qui n’ont pas froid aux yeux. Seul Michael sera de l’aventure avec moi. Les 3 autres compères sont venus en éclaireur pour l’année prochaine. Pour Didier, une mauvaise déchirure, 15 jours avant l’épreuve a eu raison de lui. Il l’a mauvaise…. .
Afin d’être plus tranquille le vendredi, je passe retirer mon dossard dès mon arrivée. C’est le parcours du combattant : signature de la chartre, contrôle d’identité, contrôle minutieux du sac, attribution du tee-shirt et divers documents, du dossard, mise en place de la puce électronique. Enfin je ressors du couloir, et encore un dernier contrôle pour vérifier si tout est OK. Voilà j’ai le N°2315. Un petit tour dans le village des partenaires et je rejoins les autres, pour nous rendre au chalet se situant au Houches à 8-9 km de là.
            Notre pasta-party terminée, nous nous couchons vers 22h30. Une nuit encore agitée, puisque vers 4h30 je me réveille. Ca y est le jour J est arrivé. Vers 8h30, nous prenons ensemble notre petit déjeuner, puis chacun s’affaire à ses occupations. Michael et moi préparons nos sacs, et les autres sont aller marcher vers l’un des nombreux cols de la région.
 
            14h00 dernier déjeuner : soupe, pâtes-jambon, banane. 15h00 nous enfilons notre tenue et vers 16h00 prenons comme de nombreux autres UTMBistes le car pour le départ à « cham ». Vers 17h00 Michael et moi sommes devant l’arche. Nous nous allongeons tranquillement sur la pelouse, à coté de l’église, en contemplant le mont-blanc.
                        
             Les gars de la marine de Brest et de Lorient nous rejoignent, ainsi qu’Axel (Depenaros). Des jeunes distribuent des barres de céréales Nature Valley à volonté.
 
      18h00 : la pression monte, nous nous dirigeons vers la ligne. Le briefing est fait par les Polleti, organisateurs de la course, en français et en italien. « vous êtes plus de 2200 au départ …. ».
 
   18h29 : Axel, Michael et moi sommes l’un à coté de l’autre. Une dernière « bonne » poignée de mains pour s’encourager. Une musique de folie pour un départ imminent : ERA . Que d’émotion !!!!!. L’hélicoptère survole la ligne de départ, et …… c’est parti. Il nous faut bien 5-6 minutes avant de pouvoir courir. Je reste un petit moment avec mes 2 acolytes, puis nous nous perdons avant d’arriver aux Houches (km8, 1012m d’altitude), 1er point de contrôle. Ce premier tronçon est roulant, et je trouve que ça part vite, trop vite. 
 
 
Là, les choses sérieuses commencent. Je dévisse les bâtons. Au menu, le col de la Charme(1799m d’altitude ; situé 6km plus haut). Je m’aperçois que 99% des coureurs ont des bâtons. Je me rend très rapidement compte qu’ils me rendent un grand service. A mi côte, Gaétan, Didier et Luc sont Là pour nous encourager. Je rejoins un Breton : Gilles( de Bruz ) avec lequel j’avais virtuellement discuter sur Yanoo.
 
2h02 plus tard , je suis au sommet de notre 1er col de la course à la 650ème place. Les sensations sont moyennes : estomac lourd, et le clips d’accroche de mon sac s’est cassé. La descente vers Saint Gervais est raide et cassante, mais moyennement technique vis à vis des autres. 1170 mètres de dénivelé négatif sur 5.8km ; faites votre calcul.
                                                                                                         
         La nuit tombe très rapidement. Je préfère attendre Saint Gervais pour me couvrir pour la nuit et sortir la frontale. J’aperçois du haut les lumières du village.
       Je suis attentivement un des traileurs ayant sorti sa « petzel ». Du bitume pour arriver dans une petite ruelle typique et nous entendons une ambiance de folie. Un monde fou nous acclame. GEANT !!!!.
Je mets mon maillot windstopper de chez Craft, quel confort !!!, le coupe-vent, et la lampe frontale. Je complète mes bidons, mange un morceau de banane et je repars sous un brouhaha du public, direction les Contamines, 10km plus loin.
       Avec peu de dénivelé, nous pouvons très souvent courir. Les ennuis commencent. L’estomac se rebelle, et je dois me mettre à l’écart pour me  « libérer », une 1ère fois. Les même symptômes qu’au raid du Golfe du Morbihan. Ca m’inquiète !!! . Un phénomène qui me suit durant une 15ène de km. Eh bientôt….. plus de feuille de Lotus !!!!.
      Les Contamines sont en vues. Je bois et absorbe une soupe aux pâtes, un morceau de pain…., mais peu après encore un mal de ventre et re belote…. . Je fais route vers la croix du bonhomme, 1400 mètres de dénivelé positif. Je sens que chacun est dans sa course, ça ne parle pas ou très peu… . Après une montée lente et peu technique, jusqu’à Notre Dame Gorge, les choses très sérieuses commencent : une montée très technique et un fort dénivelé. J’aperçois en haut le sommet. J’hallucine….. Un bref passage dans les neiges éternelles et il faut à nouveau lever plus haut les jambes. Je pense à Pierre et ses escaliers. Une pause à la Balme, au bout de 6 h00 de course (704 ème), pour me refaire une santé, ou dans tous les cas pour éviter la déshydratation et l’hypoglycémie qui me guette, si je n’arrive pas à garder la nourriture et la boisson. Un feu de camp est allumé, où de nombreuses personnes se réchauffent autour.
          Direction la Croix du Bonhomme(2479 mètres)…. Je suis deux Brésiliens fièrs d’arborer leurs couleurs de bas en haut. Je monte ainsi à allure régulière dans leurs sillages, durant un bon moment. Mais peu avant de basculer vers les Chapieux, mon rythme cardiaque augmente. Je fais une pose sur un rocher et je repars tranquillement . La descente très technique et surtout très glissante, engendre de nombreuses chutes. Je me méfie. Les parois sont étroites…. Je veux revoir ma famille !!!.
           De nature intrépide, là je ne fais pas le fier. Je descends sur les talons en toutes sécurités. Certains ont un sacré culot de tenter cette aventure en running. Pour ma part, je suis satisfait de mes Lafuma active trail.
           Au bout de 8h34, me voilà à la 1ère « base de vie » : c’est à dire que l’on peut tout trouver : massage, podologue, médecin…. . J’en profite pour demander et prendre un Spafon, contre les diarrhées. Je prends mon temps pour m’alimenter et récupérer. Une bonne bière, comme Thierry, des pâtes, une soupe avec des flageolets, un fromage, un morceau de banane, et FEU. Je repars dans la nuit. Certes, nous avons les conditions idéales. Je ne ressens pas le froid pour le moment. Le prochain objectif est le col de la Seigne (2516 mètres). J’apprends que les premiers sont passés 3 heures avant : c’est fou !!! .
        Je reprends la marche rapide, sur une route bitumée , durant quelques kilomètres. Plus loin, dans le contre bas, je me retourne, et j’aperçois un long serpent de lumière. Voilà, nous entrons à nouveau dans le dur, sur un single tracks humide, avec du dénivelé important. Le jour pointe son nez, lorsque je franchis ce col (5h59). J’y suis,….nous sommes en Italie. Les couleurs sont superbes et laissent une vue imprenable sur la vallée. Je ne traîne pas là haut, le vent est froid. L’estomac ne me dérange plus maintenant. J’essaie de penser à manger et boire régulièrement. Les gels sont très rapides à faire leurs efficacités, j’en prends un très régulièrement lors de chaque ascension. J’ai supprimé la boisson énergétique (carbomax de chez GO2), qui est très certainement la cause de mes soucis, et remplacé par de l’eau d’une part, et dans l’autre bidon, du coca et eau. La descente nous amène rapidement , en traversant quelques petits cours d’eau, au refuge d’Elisabetta. Une petite vallée, où nous sommes accueillis par de vrais gens du cru, pour refaire le plein. Mes pieds commencent à chauffer et me tiraillent. J’enlève les chaussures et chaussettes. La voûte plantaire est toute fripée comme si j’avais passé plusieurs heures dans un bain. D’où l’intérêt d’avoir du rechange avec soi.
                                                            
                                     
     Le col du mont Favre me fait signe de le rejoindre. De nombreux lacets m’y amènent tranquillement, jusqu'à ses 2435mètres. Reste 9 km de descente et 1245 mètres de dénivelé négatif pour rejoindre Courmayeur (km 77). Il est que 8h30, et il fait chaud. Une journée difficile nous attend.
       A 9h10, J’aperçois Gaétan, Luc, et didier. Gaétan me remet son sac Salomon. Fini les 2 bidons qui ballottent d’un coté à l’autre. Je récupère mon sac de change, laisser auprès de l’organisation à Chamonix, pour me changer. Ça sent l’homme dans cette salle !!!
Un passage auprès des podologues et masseurs qui restera dans ma mémoire. Cinq filles rien que pour moi. Deux autours des pieds, et trois à me masser. Génial !!! . les sensations sont globalement bonnes.  J’ai retrouvé la forme, surtout après avoir pris un vrai repas. Les lourdeurs du début sont, à ce moment, du passé.
     Je repars, 1h15 après, avec une « pêche » d’enfer. Maintenant c’est sûr, j’irai au bout… . je suis euphorique, tout va pour le mieux. Je franchis Bertone (1989 mètres), et aperçois Katel Corn. Un petit encouragement à son égard et je poursuis mon chemin. 12 km de chemin relativement roulant se profilent maintenant, ce qui ne veut pas dire facile, mais la course reprend le dessus sur la marche. Un à un , je reviens sur d’autres coureurs. Il est 14h15 quand j’arrive à Arnuva.
Manger devient à nouveau difficile, je prends le temps de m’asseoir et de récupérer. L’objectif prochain est en vue : les tentes paraissent minuscules, et il va falloir s’y rendre.
 
Le Grand Col Ferret ( 2537mètres) sera mon juge de paix
 
      Que se passe t-il ? A peine ai-je commencé l’ascension, que je ressens de grosses palpitations. Mon cœur s’emballe, mais il m’est difficile de le refaire descendre. Je suis inquiet. Pourquoi est-ce si soudain ? Est-ce un coup de soleil sur la tête ? un simple coup de moins bien ? Autant de questions qui me passent par la tête. Toujours est-il qu’il faut avancer. Une bonne bière serait la bien venue sous ce soleil. Je n’hésite pas à tremper ma casquette dans les auges en pierre réservées aux vaches. Rien ni fait, les minutes passent, je m’allonge très régulièrement pour récupérer et abaisser mes pulsations. Les coureurs doublés quelques temps avant, me demandent si ça va bien. Il me faudra ainsi 2h15 pour franchir ses 4km et ses 768 mètres de dénivelé positif. Au sommet, je suis blanc, les mains froides, et un pouls difficilement détectable. Je m’allonge dans une des 2 tentes sous une couverture, avec 2 autres traileurs. Une heure après, peu de changement, ma décision est prise. La situation est trop risquée. En revanche, il me faut descendre sur la Fouly, afin de remettre mon dossard. Ces 9 kms, je les ai fait avec deux autres concurrents ayant pris la même décision. L’un d’entre eux, médecin, est victime d’une déchirure, et l’autre est « cuit ». Tous les 3 descendons à notre rythme, vers la fin de l’aventure
      La Suisse, je l’aurais tester durant ces 9 km. Dommage !!!.
 
Ce médecin m’explique clairement les raisons de mon état. Les problèmes intestinaux du début ont occasionné une grosse perte en sels minéraux, et créé un déséquilibre et une assimilation en ions potassiques. Cette accélération cardiaque devrait s’estomper d’ici 3-4 jours en consommant des fruits secs,bananes… .      
          En arrivant à la Fouly, mes sentiments ne sont pas à la morosité et à la déprime. Plutôt la fierté d’avoir franchir 107km et 6800 mètres de dénivelé. D’avoir appris à mieux me connaître et d’avoir appris à connaître ce milieu magnifique, mais hostile, qu’est la montagne. Je ne pensais pas devoir stopper de cette manière là. Aucunes douleurs musculaires, ni tendineuses, je crois finalement que c’est le principal.
 
Ne connaissant pas l’Ultra en montagne, Gaétan me disait 2 jours avant :
« finir l’UTMB, c’est comme si tu te tapais Miss France »
 
Je pensais que rien n’est impossible…. Et je le pense toujours.
 
                                             Mes temps de passage
 
Tableau des passages
Points
Heure pass.
Temps course
Classement
V-20:36
02h02mn40s
650
V-21:22
02h48mn05s
658
V-23:00
04h26mn31s
679
S00:33
05h59mn17s
704
 
 
 
S-03:08
08h34mn51s
710
S-06:03
11h29mn02s
672
S-06:19
11h45mn26s
674
S-08:22
13h48mn41s
700
S-09:13
14h39mn11s
719
S-12:01
17h27mn19s
820
S-13:18
18h44mn53s
723
S-14:15
19h41mn30s
674
S-16:28
21h54mn34s
759
S-19:22
24h48mn35s
977
 
La Fouly sera pour moi le dernier point de contrôle.
 
Retour vers « Cham » en car 

Un passage, à nouveau auprès des podologues et masseurs. Pas de jolies jeunes filles, mais un jeune Anglais !!! Le lendemain matin après une nuit encore difficile, nous allons accueillir Axel et Mick. Ils ont effectué le parcours ensemble du premier au dernier kilo. Beaucoup d’émotion à leur arrivée.
Et là effectivement, je ressens un peu d’amertume. Nous avions pourtant ensemble sur la ligne de départ convenu d’être fort dans les jambes et dans la tête.
 
 
 Le moment pour moi est venu d’analyser mes erreurs, afin de ne pas les commettre à nouveau ultérieurement sur des ultra
 
  • Ne pas surcharger l’estomac, le repas précédent la course ; le sang allant d’abord à la digestion, les muscles sont moins alimentés en sang et donc en oxygène.
 
  • Terminer les boissons énergétiques dans les bidons. L’eau claire doit suffire si la charge en glycogène est suffisante au départ.
 
 
  • Avoir une paire de chaussettes en permanence dans son sac. L’état de nos pieds est primordial, il faut savoir les garder au sec
 
  • Un sac en état . Personnellement, je préfère la solution des bidons.
 
 
  • Eviter les périodes euphoriques et savoir rester humble devant les éléments
 
Mais le Mont Blanc n’aura pas le dernier mot…. JE REVIENDRAI.
 
 
2200 au départ cette année, seuls 1100 furieux arriveront à boucler le tour du Mont Blanc
 
Un grand merci à Michael, Luc, Didier, et Gaétan pour m’avoir hébergé durant ces 3 jours.      
Merci aussi pour leur humour débordant.
 
                          Merci à tous ceux qui, à leur manière, m’ont encouragé durant cette épreuve.
 
   Et surtout, je remercie celle qui m’à permis de vivre cette épreuve, pour sa tolérance et sa patience envers moi. Je veux parler de ma petite Dany.
 

A très bientôt vers d’autres aventures…..
 
Joël Caër
 
                                          FIN
Par caer joel - Publié dans : ULTRA TRAIL
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Mardi 19 février 2008
7 ème triathlon sprint de Plouescat
 
Dimanche 29 juillet 2007
 
En janvier 2007, nous décidons de nous lancer un nouveau défi : faire le triathlon de Plouescat. Large…., il nous reste 8 mois. Après 8 cours de natation pour se perfectionner au crawl, nous voilà au pied du mur.
 
Sale temps, en ce dimanche d’été ; pluie , vent, froid. Un cocktail épatant pour se faire la main, dans ce milieu inconnue, qu’est le triathlon. Seul Philippe et moi, allons tenter notre chance. Rendez-vous est donner dans les box vélo. J’avais fier allure avec mon vélo 1er prix de chez décathlon (merci qu’en même papa de me l’avoir prêter). A nos cotés des bijoux de technologie…. Philippe me semble détendu, ce qui n’est pas mon cas. Nous enfilons notre tenue de natation, un tour de vélo pour connaître le circuit, et nous nous rendons tranquillement sur la plage de Porsguen, pour le départ. 300 tri athlètes : des Australiens, et beaucoup de spécialistes français qui s’alignent tous les week-end pour pratiquer leur discipline sur tous le territoire. Qu’est ce que l’on fait là !!!! trop tard, nous sommes face à la mer. Le départ de la natation se fait en 2 vagues : Phil (les vétérans, et les féminines) part 4 minutes après nous. Habitué à me mettre devant, je pars tambour battant. Feux…. C’est parti. Un départ, où aucun cadeau n’est fait à son voisin. Coup de pied, coup de main …. Chacun défend son bifteck. Au bout de 200 mètres les positions sont plus clairs et la nage plus fluide. Je repense à Delphine au bord de la piscine…. . Pas facile de reproduire les bons gestes dans ces conditions souvent rendus asphyxiantes. Bref, je sors de l’eau en 179 ème en 20m32, je me change et repars en même temps que Sandra Lévénez (championne de cross country), pour 20km de vélo, qui faisait là son 1èr triathlon. Chouette un bon plan !!! eh ben non je n’ai vu son vélo que 2-3 minutes : une fusée !!!. Philippe, après 25m30 (241ème) prend également son vélo. Et c’est avec une grande joie que j’entend nos collègues, Françoise, Jean-Yves, Thierry, Eliane …venus nous encourager.
 Deux tours de circuits, rendus difficiles et très glissant par la pluie. 39m06 après (je perd 6 places), je rentre dans les box, en respectant le règlement : descente du vélo avant la ligne blanche et retirer son casque après avoir poser son vélo ; cela sous peine de pénalités (stop and go). Les chaussures de course à pied étant déjà mise, je ne traîne pas. Mais les jambes sont lourdes et je pars avec de drôle de sensations pour 5km en 2 boucles. 20 minutes après (je gagne 37 places), j’en termine avec mon premier triathlon. 1h 19 et 42s à la 148 ème place au général.
 
Je reviendrai, mais j’en ferai pas mon sport favori.
 
Philippe qu’en à lui termine la partie vélo en 41 minutes. Pour la course à pied seul un tour lui a été comptabiliser.
Par caer joel - Publié dans : TRIATHLON
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Mardi 19 février 2008
 
LA RANDO MUCO 2007
 
Nous étions 6 de l’équipe Breizh Sport Aventure à participer à cette édition.
Thierry s’est lancé le défi des 72 km, afin de se tester et de se préparer au raid Azimut 29. Défi réussi, puisqu’il termine l’épreuve en 3h55 à la 115 ème place.
Mes quatre autres compères, Jean Yves, Pierre, Fabien, Paco avons pris le départ le trail de 38km, dont 1000 mètres de dénivelé positif annoncé.
Un départ assez rapide emmené par F.le Velly et S.Le Duc, ainsi que deux parisiens ( 1er et 2ème l’an passé). Victime d’une erreur de parcours, au bout de 30 minutes de course, elle me sera finalement fatale. On se retrouve en queue de peloton, et avons payer « cash » cette erreur par la suite. Cela fait le bonheur de mon coéquipier, Jean Yves, qui se retrouve seul en tête durant environ 2 heures. Deux kilomètres de trop puisqu’il se fait rejoindre par l’un des parisiens. Il ne démérite pas pour autant sa 5ème place au général ; félicitations au nom de l’ensemble du Team.
Il faut également noter la performance et la ténacité du cadet de B.S.A, Fabien, pour lequel se fut son premier long trail (3h53). Une bonne préparation pour Guerlédan. Paco revient bien également pour sa reprise à la compétition (3h53). Pierre et moi finissons ensemble en 3H26 à la 28ème place.
Une très bonne organisation et un superbe parcours très varié (de plus sous le soleil), très exigent et qui selon moi est plus prés de 2000 mètres que de 1500 mètres de dénivelé. Le seul point négatif reste le balisage, qui selon moi est trop léger (uniquement des flèches, rien au sol), et parfois ambigu sur la bonne direction. Mais nous serons certainement encore présent l’an prochain….
Dans tous les cas, se fût une très bonne préparation pour les futurs objectifs de chacun que se soit le raid Azimut 29 ou Guerlédan.
 
JOEL
 
 
 
 
 
           
 
 
 
Par caer joel - Publié dans : TRAIL
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Mardi 19 février 2008
LE GRAND RAID DU GOLFE DU MORBIHAN : 3 éme édition
 
 
Samedi 30 juin :
 
Voilà nous y sommes le grand jour est arrivée. Tellement pressé d'arriver sur le site, que je me fais rattrapé par la gendarmerie (et encore un point....).
Pierre, Guy , Thierry et moi avions rendez-vous au port du Crouesty à Arzon, lieu d'arrivée de cette 3ème édition. Ayant raté les navettes, il fallut trouver une autre solution pour rejoindre le site du départ : le port de Vannes. Et par chance, la première personne que l'on rencontre fût le Directeur de course, Bernard Landrein, qui nous a très gentiment amené sur le site du départ.
16H15 : Sur le port de Vannes, par un temps très agréable et après une inspection de notre sac, nous nous préparons tranquillement. Se fut également le moment de revoir de nombreux traileurs ou raideurs rencontrer ici ou là…. Plusieurs sont ici également en vue d’une préparation pour l’UTMB ou les Templiers. On entend furtivement derrière nous «  il est pas mal leur maillot »…..
17H 30 : la pression monte, les intestins s’agitent… . Les 668 participants se rapprochent de la ligne de départ pour le breefing. Je me positionne devant, je n’aperçois plus mes acolytes… .
18H00 : FEU, c’est parti. Nous avons pas fait 500 mètres, que le ton est donné. L’autre côté de la rive j’aperçois la B.S.A partie prudemment. Dès le 2ème km, nous sommes 7, avec lesquels j’allais faire 2H30, dont Christophe Leluherne, donné grand favori.
 
1er ravitaillement au 18.3km :
 1h25 pour notre groupe. Derrière, Thierry passe rapidement les vitesses, et trouve son rythme, ses sensations sont excellentes. Il y est en 1h36 à la 15 ème place . Guy met 1h 40 et se trouve à la 46ème place. Pierre ayant décider de jouer la prudence assure une régularité parfaite comme à son habitude : 1h48 et 100ème
Devant les choses se précisent dans ce groupetto ; et cela commence par moi avec des problèmes digestifs. Un écart de 300 mètres me sépare des 6 autres. Nous commençons à revenir sur les coureurs du 175 km, avec un petit mot à chacun d’entre eux pour les motivés. Mais la course est encore longue…. Je reviens petit à petit sur le groupe qui commence à perdre un à un ses coureurs. A ma grande surprise, je n’aperçois plus Christophe Leluherne.
 
KM 27 : nous sommes 2 seul devant, avec Frédéric Keryjaouen de Theix.
 
2ème ravitaillement à Noyalo au 33km :
 Nous arrivons ensemble en 2h35. Sans traîner, je repars en tête, Frédéric, lui prend le temps de recharger son kamel bag. Une erreur tactique, car très vite je m’aperçois que je suis à sec.  Thierry arrive à la 12ème place en 2h53. Guy en 3h 09 à la 52ème place. Pierre passe la seconde et remonte à la 69 place en 3h17.
Tous deux allons ainsi rejoindre le 3ème ravitaillement de Trébodec sur la commune de Sarzeau au km 50.
 
3ème ravitaillement  au 50km : Trébodec sur la commune de Sarzeau :
 Nous y sommes en 4h10. La nuit arrive et la pluie aussi. Nous sortons la frontale et la lampe(à la main), qui fût d’une très grande nécessité, tant les racines d’arbres , les cailloux, rochers, ou tout simplement pour bien s’orienter durant la nuit. Une signalétique parfois limite, à cause de la pluie, le vent, et le manque de lucidité qui se faisait sentir. Un accueil par les bénévoles et une disponibilité particulièrement chaleureuse, et pleine d’attention. Soupe, pâtes, jambon gruyère, riz au lait et j’en passe , rien ne manque.
Seul le coca-eau et une pâte de fruit passe. je décide donc de ne pas traîner. Quelques étirements et je repars devant.
 On aperçoit nos collègues « du long », qui dorment…. Quel courage… 175km et deux nuits sous la pluie.
Trébodec sera fatale à Guy, qui a dû abandonné pour des troubles intestinaux. Thierry remonte petit à petit le classement pour se retrouver en 9ème position en 4h38 : il en croît pas ses oreilles…., et moi non plus !!! Pierre y est en 5h54 à la 83 ème place. Qui va loin, ménage sa monture… à méditer.
 
Frédéric revient à nouveau sur moi assez rapidement et s’en va seul. Je sais pertinemment que cela va se jouer uniquement au mental, plus de sensations, plus de jus… le noir total. Au 60 km environ, j’aperçois une lampe derrière moi. Voilà le 3ème qui remonte, Stéphane Auvigné, du 30ème RIMA de Vannes. Et finalement se fut une chance pour moi. Une pensée pour la petite famille restée à la maison, et je m’accroche à lui. Les jambes et le mental reviennent….
 
Dimanche 1er juillet :
 
 Nous rejoignons ensemble Port Neze, commune d’Arzon, Km 68 , le 4ème ravitaillement. Frédéric vient de repartir…. Tout est jouable. Reste 18 km, il faut assurer. J’emboîte immédiatement le pas avec mon nouveau collègue de route. Les km passent, et nous doublons un à un les forçats du Golfe partis 24 heures avant nous de Locmariaquer. Certains vont à droite puis à gauche… tous marchent. Les crampes sont à fleurs de peau, mollets, cuisses….. Stéphane, qui à respecter les 12 km par heure depuis Vannes, garde l’allure. Je ne le reverrais qu’à l’arrivée. Seule la 3ème plaçe me tiens à cœur. Pas question de craquer à 9 km du but. Ayant eu échos de la position du 4ème, Christophe Leluherne, à environ 20minutes derrière, interdiction de faiblir. En arrivant à Port Navalo, je demande à une bande je jeune en goguette, la distance restante. Ils me répondirent environs 1km. Cà y est, c’est gagné. Les hectomètres défilent et toujours pas de ligne d’arrivée. Un peu plus loin, une personne avertie, me fait savoir qu’il reste 3km. J’arrive sur le front de mer, et la pluie, le vent redouble de force. Oh qu’ils sont durs, ces derniers kilos. Enfin, j’aperçois les lumières du site d’arrivée puis l’arche. Ah quel bonheur…. .
Cramé, mais content. Guy est là pour m’accueillir, et me raconte ses soucis.
 Finalement la régularité paye, puisque Stéphane Auvigné a pris la première place, en devançant Frédéric Keryjaouen de 1minutes 30. Je termine derrière eux à 5 minutes. Un bref passage pour boire un peu et direction la tente des kiné. Le froid, les crampes, la fatigues, le déshydratation… donne un peu d’occupation au médecin, kiné, et infirmière, et aussi le 3èmeRIMA de Vannes. Je dois absolument leur rendre un grand hommage pour leur disponibilité et leur amabilité.
            Christophe Leluherne arrive en 4ème position à 20 minutes. A peine réchauffer, que j’entend une vois connue entré dans la tente où je me trouvait : Thierry qui prenait la 9 ème place, et qui me semblait relativement frais. Inquiétant pour l’avenir…. !!!! Il termine avec le frère d’Albert Vallée.
            Vers 5 heures du matin, je rencontre Pierre qui arrivait en forme. Les arrivées se succèdent au fils des minutes.
Après une bonne douche, froide, direction les tentes installées par le RIMA de Vannes, pour s’allonger un moment, et attendre la remise des récompenses prévues à 12 h00.

   
Un grand merci à Bernard Landrein et à toute son équipe pour l’organisation de cette épreuve. Je souhaite particulièrement attiré l’attention et mes remerciements aux bénévoles de tous les ravitaillements, pour leur disponibilité, leur amabilité auprès des coureurs. Une mention spéciale également à la gendarmerie qui fait un travail de terrain important contre la vitesse au volant !!!
 
 
Résultat : 668 au départ. 565 classé
 
1er     :     Stephane Auvigne     : 7h 51
2ème :     Frédéric keryjaouen : 7h 53
3ème   :     Joel Caer                   : 7h 58
 
9ème    : Thierry Caer                : 8h 35
109ème : Pierre Jestin             : 11h00
 Abondon, et respect pour notre GUY
 
 
           
 
 
 
Par caer joel - Publié dans : ULTRA TRAIL
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Mardi 19 février 2008

Voilà l’instant tant attendu… Notre départ vers La Réunion. Plusieurs mois d’entraînements et de

sacrifices…

Nous sommes 5 membres de Breizh Sport Aventure a rêvé de cette destination depuis plusieurs mois :

Rémy Bloch, Claude Le Gall, Pierre Jestin, Thierry Caër et moi Joël Caër. Ensemble nous avons couru et

parcouru les chemins de notre région, marché, grimpé des escaliers, et cela durant des heures, après nos journées

de travail, en sacrifiant nos soirées en famille et entre potes, et nos grasses matinées de notre week-end. Et cela

afin d’atteindre un seul objectif, participer à la… :

      15 ème édition de la diagonale des fous

       151 km et 9300 mètres de dénivelé positif en traversant l’île de la réunion du sud au nord, avec un seul

objectif : « Survivre » à cette aventure

                                                                        15 OCTOBRE 2007 : J-3

           Voilà déjà plusieurs jours, que mes affaires de course sont contrôlées et re-contrôlées. Les craintes

d’oublier quelque chose me hantent. La pression me guète depuis plusieurs jours. Le sommeil est léger, voire

nul. Il est certain, que ma récente contre performance à l’UTMB y est pour quelque chose. Beaucoup de

questions me trottent dans la tête….. Il me hâte d’être sur la ligne de départ à Saint Philippe.

Départ vers Saint Denis de la Réunion : Thierry, Rémy et Pascale, Dany et Moi prenons un premier vol

vers Orly. Là-bas, nous reconnaissons de nombreux raideurs ; sacs Salomon sur le dos, chaussures de trail aux

pieds, et souvent « entre gars » !

17H : Nous embarquons dans un 747 de la compagnie Corsair. Derrière nous, une bande de copains du

Calvados ont le même objectif. Et bien entendu, nous discutons ensemble de…trail !

Que c’est long, que c’est loin…. .10h30 de trajet

                                                                Mardi 16 octobre 2007 : j-2

Le froid généré par la climatisation de l’avion, le bruit des moteurs, le stress m’ont fait passer une nuit

blanche. Peu de temps après avoir reçu le petit déjeuner, nous touchons enfin le sol de la Réunion. J’en profite

pour avancer ma montre de 2 heures, afin de me mettre à l’heure réunionnaise. Nous avons tous la hantise de
 
ne pas voir nos bagages débarquer. Quelques membres de la diagonale sont là pour nous recevoir, afin de 

nous donner quelques informations et nous offrir un autre petit déjeuné très local celui là. Ah les ananas !!!! 

Fabuleux. Quelques gouttes de pluies sont également là pour nous souhaiter la bienvenue.

       Nous prenons la direction de l’hôtel des Récifs sur la commune de Saint Gilles. Il est 8 heures et le

soleil domine déjà. Un bref passage vers la plage, afin d’apercevoir le lagon. Cocotiers, palmiers, et sable blanc.

         Il nous hâte de poser la serviette et de plonger une tête. Un petit café, jus d’orange, ananas…les 

viennoiseries font envie, mais je les apprécierais davantage en fin de semaine. La pression commence à 

tomber dans le groupe et la fatigue s’installe… Chacun s’affère de son côté : lit ou plage. Nous rencontrons 

Karine Herry en plein jogging matinal, qui nous raconte ses dernières péripéties. L’oeil gauche est bien tuméfié. 

Lors de sa derrière reconnaissance du parcours, elle a lourdement chuté et a percuté une roche.

Partis quelques heures après nous, Claude et Myriam nous rejoignent vers midi. Une journée de

transition qui fût consacrée au farniente et à la découverte de notre lieu de résidence. Les « zoreilles » comme

sont appelés les métropolitains prennent très rapidement des coups de soleil.

                                                Mercredi 17 octobre 2007 : j-1

La nuit fût encore une nouvelle fois très difficile et courte, et pourtant il va falloir tenir…

Nous tenions à connaître ce qu’allait être durant plus de 150 km notre terrain de jeu. Notre joyeuse

équipe prit donc la direction du cirque de Mafate. Et pourtant… nous avons maintes fois été avertis qu’après 10

heures, les nuages montent vers la montagne et que la visibilité devient nulle. Mais nous sommes des bretons

avec notre caractère !!!!

Et, effectivement, au sommet, un épais brouillard nous empêchait de contempler cette vue tant espérée.

Ceci dit, la ballade de 1h30 sur les étroits et dangereux chemins nous a rapidement fait comprendre la situation

dans laquelle nous serions dans quelques heures. Même constat dans l’après midi du côté de Dos d’Ane, ou 

seul le terrain de foot qui allait nous accueillir était visible.

Ils nous restaient plus qu’à aller retirer notre dossard au stade de la Redoute sur Saint Denis. Une

pagaille monstre, pour se garer, puis une interminable attente pour le précieux sésame. Les Stars du trail sont 

là : Karine, qui va mieux …, Christophe Jacquerod, Vincent Delebarre pour les « métro ». Eh bien-entendu les

locaux : Richeville Esparon, Thierry Técher, Wilfried Woulédi…. . Tous très fortement courtiser par les médias.

Nous nous asseyons sur la pelouse. Pierre et Lydie, arrivés sur l’île quelques jours plus tôt, nous

rejoignent. Voilà la « dream team » est au complet.

Après 1h30 d’attente enfin, nous atteignons les bénévoles qui semblent désemparés. Et nous

comprenons très rapidement. En effet, l’organisation a reçu simplement le matin même les tee-shirts de la

course. Impossible pour eux d’anticiper la préparation des sacs. Reste simplement des tailles S ou XL.

Dans tous les cas ces tee-shirts ne seront pas des « collectors » !!!

Un très bref passage aux stands des partenaires et nous reprenons la voiture pour Saint Gilles puis

direction la pizzeria pour faire le plein de pâtes chez l’italien du coin.

22h00 : extinction des feux. Demain c’est le grand jour

                                                   Jeudi 18 octobre 2007 : JOUR J

       Je comptais sur cette dernière nuit pour bien dormir. Hélas, il faudra maintenant attendre quelques jours

afin de reprendre un rythme normal. Le sommeil est l’un des aspects que je vais devoir travailler avant les

épreuves difficiles.

Nous nous retrouvons tous au petit déjeuner, et nous sommes plutôt très calmes. Pour cette dernière

journée, nous sommes tous retournés dans nos chambres, afin d’éviter le soleil, et surtout de se reposer au

maximum.

16heures : il est venu le temps de préparer le matériel et de se changer.

17h30 : l’heure du départ

Nous prenons la direction de Saint-Joseph, où nous sommes conviés pour la dernière pasta party chez

Jean Noel (le frère de Pierre, qui habite là depuis plusieurs années). Nous sommes particulièrement sereins et

détendus à quelques heures du départ. Personnellement, je ne ressens pas à ce moment là, le manque de 

somme accumulé depuis plus de 10jours ; ça me surprend. Rémy, inquiété par une douleur à la cuisse depuis
 
quelques jours, semble également confiant. Claude, égal à lui même : imperturbable. Thierry est très 

certainement le plus excité d’entre-nous. Pierre connait le parcours et son exigence. Il s’est où l’on va !!!!

23H15 : nous pénétrons dans le sas de contrôle des sacs, qui est une formalité. Quelques instants plus

tard, nous y sommes.

Voilà, c’est l’instant que l’on attend depuis des mois. Comme 2200 participants, je me trouve dans cette

enceinte clôturée par, d’un coté du grillage et de l’autre, par deux rangées de barrière, dans le but d’éviter tous

échanges avec les personnes extérieures.

23H50 : les danses, la musique s’arrêtent. Robert Chicaud, l’organisateur, prend la parole. Ca chauffe.

Départ Cap Méchant à minuit : 00HOO / 2200 participants

FEUX!!!

Un départ de folie. Ca pousse de partout. Je perds de Thierry et Pierre. Mon drapeau breton et celui de 

l’association une OASIS pour la sclérose en plaques sont arrachés. Rémy et Claude sont là. Petit échauffement 

dans la mêlée pour près de trois kilomètres sur la RN2 jusqu'à l'entrée du
 
chemin ceinture. J’essaye avec Rémy de ne pas trop « m’emballer ». Nous alternons course et dans les petites
 
côtes, nous marchons à allure rapide. Claude est également avec nous.

Kiosque de Basse Vallée : PK 15

Premier ravitaillement après 15,9km au kiosque de Mare Longue. Un très bref arrêt, et nous repartons.

Puis, après 11 autres kilomètres, la route forestière cède sa place à un petit sentier. Passage devant le kiosque 

de Basse Vallée. Attention embouteillages ! A ce moment mes sensations sont bonnes. Ce qui n’est pas 

forcément le cas pour tous. Soudain, une personne me demande si je ne suis pas du Folgoët. C’est Stéphane et
 
Philippe Hautefort de Saint-Divy, qui m’ont reconnu grâce à mon short Lance. Nous serions « presque » les 

seuls à en avoir !!!Je suis étonné de voir plusieurs coureurs vomir, et s’allonger sur le coté. Marche, escalade, 

glissade, tous sauf course à pied pour le moment. La pluie tombée les heures précédentes ont rendu le sentier 

très boueux et glissant. Les racines, les rochers sont permanents. Je suis loin des 15km /h… Je tente de temps
 
en temps de doubler par la droite ou la gauche et parfois ça fait râler. J’ai perdu mes 2 compagnons.

Entrée sur le GR. Direction : le volcan. La végétation se raréfie, la température descend de quelques degrés

jusqu'à Foc Foc. Passage à proximité des Piton Hubert, Piton Rouge et de la caverne du Chisny. Le sentier est à

présent à découvert. Veste chaude de rigueur. On frise les températures négatives.

Foc-Foc : PK 23 : 6H08 / 554ème place

Arrivée à Foc-Foc, sur la crête de l'enclos. Le jour se lève. Je devine le volcan, mais surtout j’apprécie

ce moment unique, ses couleurs surréalistes.

En longeant la crête, de longues portions assez roulantes. Retrouvailles avec "la civilisation" sur la route

du Volcan, le premier gros poste de la course : sandwichs, boissons chaudes et... pointage électronique.

Ambiance assurée. Nous voilà maintenant à 2084 mètres d’altitude. Je prends le temps de recharger mon 

Kamel bag en eau et mes bidons avec de l’eau-coca. Une bonne soupe vermicelle permet de me réchauffer. Le 

ciel est clair. Une belle et longue journée va commencer.

Route du Volcan : PK 30

Et c'est reparti à travers la Plaine des sables au pied des remparts des Basaltes sur le GR2. La légère

impression de courir sur la lune... à travers une végétation basse. Au menu : une montée courte mais raide et

cassante jusqu'à l'oratoire Sainte-Thérèse, ancien point culminant de la course à 2400m. J’en profite pour sortir

l’appareil photo. Les températures montent. Il est temps de s’équiper différemment : tee-shirt au couleur du

team. Physiquement ça roule…et je cours !!!

Oratoire Sainte-Thérèse : PK 37

Lâchez les chevaux ! De la descente enfin avec vue imprenable sur le Piton des Neiges, là bas tout au

fond. Puis descente au pas de charge jusqu'à la Plaine des Cafres via le Piton Textor et le Chalet des Platres.
 
Des passages insolites, comme les traverses de parcelles par des petites échelles. C’est à ce moment que le 

début de mes soucis a démarré. Des échauffements « entre les fesses » rendent les foulées très douloureuses.
 
Mon « Lance » rendu humide par la transpiration, me trahi. Retrouvailles avec le bitume sur la RN3, en direction 

de Mare à Boue.

Mare à Boue : PK 50 : 8H48 / 465ème

J’aperçois Thierry qui quitte juste Mare à boue. Je l’appelle, il ne m’entend pas. Nous sommes à 1594 mètres

d’altitude.

Repos et poulet grillé au menu. Tout est géré par des militaires. Chapeau les gars ! Quelques coureurs sont

allongés sous les tentes. Le ciel se couvre.

Ah !!! Si j’avais prévu un sac pour le rechange (surtout que nous le pouvions). Bon, il va falloir continuer et

serrer les dents (ou plutôt les fesses !!!) jusqu’à Cilaos, où je mettrai un slip avec mon short Salomon. Les

douleurs devraient ainsi disparaître. En attendant, debout, la route est longue et il faut absolument progresser…

L'un des gros morceaux du parcours : la montée vers le Gite du Piton des Neiges. Le sentier monte tout

régulièrement jusqu’au passage à Coteau Maigre. Un petit crachin m’oblige à me couvrir à nouveau. Les racines

humides et la boue rendent le chemin très glissant, et surtout pénible. La végétation est abondante. Et vive les

premières échelles. Que du bonheur ! J’oublie mes soucis d’échauffement, mais c’est la fatigue, et une légère

hypoglycémie qui fragilise le moral : la situation me fait peur, mes appuis deviennent hésitants en permanence.

Je perds confiance. Une réunionnaise, avec laquelle je fais un petit bout de chemin, me donne un bon coup de

pieds aux fesses : «la première fois …tu dois aller au bout ». Les mains dans la boue, je fais deux traits avec

deux doigts sur chacune de mes joues : « Joël tu dois être FORT ». Direction le Piton des Neiges pour les trois

kilomètres de rab. En arrivée au gîte, ou Caverne Dufour, point culminant de la course à 2484 mètres, j’en ai

marre, et la descente me terrorise.

Gite Piton des Neiges : PK 62

Bien qu'un peu technique dans sa première moitié, la bascule sur Cilaos via le bloc est sans doute plus roulante

donc aussi plus traumatisante pour les jambes. La descente de l’enfer, aucunes sensations. Je descends pas à
 
pas. Attention quand même à ne pas jouer les kamikazes comme certains. J’ai le coeur serré, les genoux sont 

de plus en plus douloureux au niveau de la rotule, très certainement dû aux crispations. Peu avant la fin de cette

descente, j’entends Rémy qui m’appelle. Je lui annonce mes craintes et mes doutes. Un autre « fêlé » me 

donne un cachet de sporténine. 5minutes plus tard, je retrouve le moral et les jambes. Que se passe t-il ? L’effet

sporténine ? Et enfin les retrouvailles avec le bitume au Bloc. La fin de la descente par la route jusqu'au stade de

Cilaos. Là je rencontre d’abord Myriam et Pascale, deux de nos supportrices. Puis au stade, j’ai retrouvé Dany,

qui m’annonce la situation de chacun et me redonne un bon « coup de fouet ».

Cilaos : PK 69 :14H36 / 535 ème

Mi-course oblige, l'organisation a mis les petits plats dans les grands. Kinés, médecins et carris à

volonté... Après m’être lavé les jambes, je passe entre les mains expertes des masseuses. J’en profite pour me

décontracter et me relaxer. Je retrouve là véritablement la forme. Je me change, mets un slip sous mon short afin

de protéger mes douleurs. Je décide de ne pas trop traîner ; Un bref passage pour bien m’alimenter en pâtes… 

et je repars gonfler « à bloc ». Mais le temps passe vite : 1H15 d’arrêt. Rémy est 8 minutes devant moi, mais pas

question de s’emballer quand on connaît le programme.

"Promenade" du côté des anciens termes qui ont fait la réputation de Cilaos. Descente sur la cascade de Bras

rouge. Départ du très réputé sentier du Taïbit, il est 17H31 et la nuit approche. Je progresse seul et de temps en

temps fait un bout de route avec un compagnon de galère. Une ascension longue et raide de plus de quatre

kilomètres. Je sors la frontale et la lampe à mains, indispensable lors de cette épreuve. Pour le moment les

températures sont bonnes. Je ne m’affole pas et pas à pas je bascule vers la descente de Marla. A suivre, une

belle descente au milieu des acacias. Quelle descente !!! Je me retrouve,….le kamikaze…. Je prends des 

risques, mais je ressens l’agilité à chaque pas. Soudain mon pied droit tourne sous une pierre. Je me suis fait 

très peur. A cet endroit c’est le point de non-retour ou presque, c’est l’entrée dans Mafate... Et enfin, Marla et son  

ambiance des grands jours.

Marla : PK 82 :19H54 / 486ème

J’aperçois Rémy qui s’alimente. Nous discutons quelques minutes, il repart. Je décide de ne pas trainer

là et de rejoindre Rémy rapidement. La course est possible à cet endroit. Ma progression est rapide. Seul dans 

la nuit, j’aperçois au loin les lumières des traileurs. Je reviens sur quelques petits groupes que je laisse derrière
 
moi.

D'une école à l'autre. De celle de Marla à celle de Roche Plate. Le tout via Trois Roches en crapahutant au milieu

de la Rivière des Galets. Et des instants magiques : le bruit incessant de la rivière, entouré par ce cirque

immense. Quelques petits groupes de fêtards ont décidé de poser la tente pour la nuit en faisant un feu de 

camp. Là, nouveau point de contrôle et de récupération. Les températures ne sont plus celles de l’après midi. Il
 
fait froid. Mais ça chante, ça danse… !!!. Une infirmière me masse rapidement les mollets et les cuisses qui

deviennent lourds. Une longue et interminable marche m’amène vers roche plate

ROCHE PLATE : PK 90 :23H18 / 459ème

Là, on nous reçoit dans une école. Pas de route pour s’y rendre. INCROYABLE. La fatigue, le froid et

aussi une nouvelle hypo, me font rester là. Le médecin me pique pour contrôler mon taux de glycémie. Il

confirme. Je dois absolument refaire le plein avant de repartir. Je reste 30 minutes sous la couverture, mais

impossible de dormir. Je repars, et une descente abrupte m’amène dans Fond Mafate. Une descente

inimaginable : à gauche la roche et très souvent un câble de sécurité, et à droite le vide. De drôle de sensations 

et d’impressions m’envahissent. Un autochtone me demande si c’est la 1ère fois, et me recommande de ce fait 

de faire la descente avec lui. Je comprends rapidement la raison. Enfin, la rivière avant une remontée vers le

Bronchard et la Nouvelle. Deux échelles sont fixées dans la roche.

Imaginez la situation : la fatigue, le froid, la nuit, ce milieu hostile et la grimpette de ces échelles.

Je rencontre plusieurs coureurs qui récupèrent ou dorment sur ce chemin très étroit. Extrême vigilance

et mains courantes de rigueur. Une folie de rester là. Il me faut 4H00 pour rejoindre enfin la Nouvelle.

La Nouvelle: PK 97 :27H32 / 518 ème place

Il est 3H32 du matin. J’ai froid. Je m’allonge pour me réchauffer dans des sacs d’engrais (Big Bag de

500 kg) avec ma couverture de survie. Nous sommes allongés, 3 dans ce sac. Drôle de situation. Mais la

condensation se fait rapidement. Le froid, et je pense surtout la fatigue me paralyse et il me peine à repartir. Le

jour se lève à peine, je reprends la route. Les couleurs du ciel, et la vue sur Mafate, que je découvre ce matin

sont magnifiques.

Remontée "tranquille" jusqu'à la mystérieuse Plaine des Tamarins et le col de Fourche. Sujets au

vertige, s'abstenir. La forme, les sensations, le moral reviennent. Passage glissant au bord du vide au début de 

la descente du col. Histoire de se dégourdir un peu les jambes avant d'entrer sur le sentier scout. La course 

reprend, enfin j’ai l’impression d’avancer. 32 heures de course, il est 8h00 du matin, les températures montent, 

les km diminuent. Je pense à l’arrivée. Je fais des prospectives sur mon horaire d’arrivée.

Début du sentier scout : PK 105

Passages de plusieurs ravines pour les retrouvailles avec Mafate. Remontée courte sur le plateau de la

Salle. Des douleurs vives m’obligent à marcher. Pas de doute, c’est une tendinite. La descente qui aurait pu être

un plaisir, devient une vraie galère. Je n’avance pas. Je coupe un bâton de bois pour soulager ma douleur.

Doucement, je rejoins La Plaque. Des enfants me jettent des pétales de fleurs en passant devant leur maison. 

Ce village isolé, le seul accès est par hélicoptère. J’image alors le trajet que doivent faire ces enfants tous les 

jours pour rejoindre leur école se situant à Aurère (2,5km et 250 mètre de dénivelé positif) plus loin.

AURERE : PK 113 : 34H11 / 582 ème place

Je vais soigner ma douleur avec une kiné. Elle me fait la totale : J’entends par là : massage des mollets,

des cuisses, et le dessous du pied. Un moment exceptionnel, puisque je m’endors sur la table de massage. 

Elle me laisse tranquillement et je me réveille une demi-heure plus tard. Un « strappe » contre la tendinite. Et je

poursuis mon chemin vers la descente de Deux Bras. Et miracle, petit à petit, je retrouve mes capacités à

recourir. La chaleur, et la fraîcheur de la rivière me donne une envie folle de me baigner. J’ai déjà perdu

beaucoup de temps. Se sera pour plus tard. …

Deux Bras : PK 123 : 37H54 / 627 ème place

Je ne perds pas de temps, les températures sont trop élevées. Pourtant, les bénévoles, des militaires pour

la plupart sont dévoués à 100% pour les coureurs. Rien ne manque : Kiné, soupe, yaourt, chocolat, boisson

diverses…. Et repas complet. J’avais prévu de me changer complètement à cet endroit. Mais je file. 35 minutes

d’arrêt simplement. Histoire de bien s’alimenter avant LE gros morceau.

Justement, le dernier très gros morceau de cette Diagonale : l'ascension de Dos d'Ane : 4km et 750

mètres de dénivelé. Au fil des kilomètres, le sentier devient de plus en plus étroit, à flanc de falaise. A droite,

vive les mains courantes, à gauche …. Le vide !! Depuis mes 30 minutes de sommeil, j’ai la frite. Seuls mes

genoux sont douloureux (la rotule).

Dos d'Ane : PK 130 : 40H36 / 586ème

Au sommet, arrivé dans le charmant village de Dos d’ Ane. Ca commence à être bon signe... . Reste 20

km…. Un petit moment encore avec les masseuses aux mains d’or, pour me détendre les cuisseaux et surtout
 
les genoux. Elles me font un nouveau bandage pour me les soulager. Puis quelques étirements suffisent.

« Robocop » se lève… Mais je sais maintenant que je survivrai à cette diagonale des fous.

Dernière grimpette sur Vert-Roche-Bouteille. Vue imprenable sur Mafate. Les amateurs de montagnes

russes se régalent jusqu'au lieu dit "La fenêtre" via le kiosque d'Affouches. Je décide d’augmenter le rythme, et

d’aller le plus loin possible avant de devoir à nouveau sortir les lampes. Je n’ai plus de pile dans la frontale, je

progresse uniquement avec la lampe manuelle. Je file, 12 à 13 km à l’heure, sur un chemin descendant vers le

Colorado. La plupart des coureurs marchent. Puis, ça monte, ça descend. Arrivée sur la crête au dessus de la

Rivière : Saint-Denis. Je sors de la forêt pour débouler sur le Colorado.

Colorado : PK 145 : 44H54 / 561ème

J’ai la grande forme, je ne pense plus à mes rotules. Je prends rapidement 2 ou 3 bricoles à grignoter et repars.

En bas, tout en bas, c'est Saint-Denis. La fin de l'aventure. Le stade de la Redoute est à portée de chaussures.

Dernière plongée dans la forêt, derniers instants dans la luxuriante végétation réunionnaise. Une descente 

longue et pénible parmi les rochers. Le stade est en vue. Retour sur le bitume, J’aperçois toute l’équipe à 

l’entrée du stade. On me remet le drapeau breton, et un dernier demi-tour de piste pour la route et pour la 

postérité. Un moment fort, j’apprécie l’instant. Dernier virage, la ligne….

STADE DE SAINT DE DENIS : 46H07 / 551 ème place

J’ai survécu à cette diagonale de folie en 46H07 et 551ème place. Je n’en menais pourtant pas très large

à Cilaos.

Je reste un long moment juste dernier la ligne, entre les barrières, comme si je ne voulais pas que

l’aventure s’arrête. Rémy est arrivé en 40 H, et Pierre et Thierry ont terminé ensemble en 43H, Claude nous a

rejoint en 55 h. Une belle performance pour notre équipe, cinq sur cinq. Sur les 2200 participants au départ du

Cap Méchant, 40% devront abandonner.

Après quelques semaines, je réalise que nous avons vécu une épreuve sportive hors norme. Mais aussi et

surtout des moments importants sur le plan humain. En effet, la réussite est aussi très certainement due à la

cohésion, et la persévérance de notre équipe durant les mois précédents, pendant l’entraînement, l’organisation 

de notre périple. Un grand merci à l’organisation et aussi aux bénévoles, qui ne se sont pas ménagés durant 

ces 3 jours. Je n’oublie pas non plus, ma petite femme, pour avoir supporté mes absences, et de m’avoir suivi 

dans ce projet. Je lui donne d’ailleurs rendez-vous, maintenant pour ma revanche à l’UTMB

Nous avons vécu et vaincu cette fabuleuse DIAGONALE de fous…. qui mérite bien son appellation

 

 

                                 FIN
Par caer joel - Publié dans : ULTRA TRAIL
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